La biodiversité disparaît à bas bruit. Un tiers des oiseaux des champs en moins en trente ans, la moitié des papillons de jour menacés d'extinction en Centre-Val de Loire, 75 % des insectes volants perdus en quelques décennies. Ces chiffres engagent notre responsabilité, puisque la vigueur de la biodiversité globale conditionne l’avenir des sociétés humaines. C'est dans ce contexte que Tours accueille les 15es Assises Nationales de la Biodiversité. 

Un rendez-vous que la Région Centre-Val de Loire a souhaité porter par conviction : celle que nous n’avons pas d’autre choix que de passer à l’action. 

Notre région s'y engage concrètement en élaborant sa Stratégie Régionale pour la Biodiversité à l'horizon 2035, en concertation avec tous ses acteurs — scientifiques, élus, associations, professionnels de tous les secteurs, de la culture à l'industrie —, articulée avec les engagements de la COP15 et de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité. 

Ces Assises seront le lieu de ce que nous cherchons collectivement : partager les solutions qui fonctionnent, fédérer les énergies, dépasser les postures. Car nous ne restaurerons pas la biodiversité sans transversalité, ni sans la mobilisation de toute la société. Parce que l’avenir collectif est en jeu, chaque personne ou organisation, au niveau où elle agit, doit devenir responsable et créative pour agir en harmonie avec le vivant. Il n'est pas trop tard. Les scientifiques le disent : quand on restaure les milieux et que l’on rend sa place au vivant, la nature répond rapidement. C'est ce pari que nous faisons ensemble, ici, en Centre Val de Loire, celui d'un avenir où protéger le vivant, c'est aussi et avant tout prendre soin des femmes et des hommes. 

François Bonneau, Président de la Région Centre-Val de Loire 

Jean-François Bridet, vice-président délégué à la Biodiversité, aux Parcs Naturels Régionaux, à la Loire et rivières, à l'eau, à l'air et à la condition animale Président de l'Agence Régionale de la Biodiversité

Tours est née entre deux eaux. La Loire au nord, le Cher au sud – deux fleuves qui ne se touchent pas mais qui esquissent, ensemble, la silhouette d'une ville posée sur la marne, cette argile calcaire blanche dont la Touraine tire sa clarté. Sous les pavés, le tuffeau ! Et sous le tuffeau, la richesse d'une biodiversité qui, d'îlot de chaleur en îlot de chaleur, attend depuis un siècle d'être libérée des matériaux routiers qui l'ont ensevelie. Elle ne peut être foulée au pied, ni obscurcie jusque dans les profondeurs de son si emblématique fleuve, sans en mesurer les conséquences sur notre propre santé.

Car tout se tient. L'alose remonte vers les frayères où se perpétue la vie. Les moules d'eau douce filtrent et éclaircissent l'eau, permettant à la lumière de nourrir les plantes aquatiques – des plantes qui abritent les larves d'insectes, dont les hirondelles se nourrissent et qu'aujourd'hui, on n'entend plus strider dans les ruelles du quartier Paul-Bert... Chaque disparition en annonce une autre. C'est cette chaîne-là, invisible et vitale, que les jardinières et jardiniers de la Ville observent mieux que personne, connectés aux réseaux naturalistes, consignant ce qui vole, rampe, nage – et ce qui disparaît. Telle cette couleuvre d'Esculape retrouvée, il y a peu, sur le parvis de la gare : toute espèce est un bioindicateur singulier, qui par sa présence, ou son absence, dit l'état de santé de notre milieu naturel.

C'est sur ce socle de vigilance et d'humilité que Tours a bâti, depuis six ans, un nouveau rapport au vivant. Car l'urgence est réelle : en France, 18 % des espèces ont disparu, 78 % des habitats sont en mauvais état de conservation. Face à ce constat, on peut se résigner — ou on peut agir, méthodiquement, à l'échelle de son territoire. Tours a choisi la seconde voie. Quatre fleurs renouvelées, deux refuges LPO, territoire engagé pour la nature, meilleure commune française pour la biodiversité en 2025 : ces labels ne précèdent pas l'action, ils la confirment. Au Jardin botanique, dont la vocation scientifique est partagée avec la Faculté de Pharmacie de l'Université de Tours depuis 1945, on conserve des graines d'espèces que l'agriculture intensive a fait disparaître des champs. En partenariat avec le Conservatoire Botanique National du Bassin Parisien, on recueille, cultive et réimplante ce que le temps et les hommes effacent. Tenir le registre du vivant, c'est aussi cela.

Derrière ces gestes de conservation, une stratégie urbaine se déploie : aucun projet d'aménagement ne se fait désormais sans intégrer le vivant. Déminéraliser les sols pour les rendre perméables ; plonger les Prébendes dans l'obscurité pour que les chiroptères y volent librement ; végétaliser les cours d'école ; replanter des vergers en libre cueillette ; tisser des corridors écologiques entre les parcs, les lacs, les jardins familiaux – tout ceci pour que la ville entière devienne, peu à peu, cet espace où l'humain et le non-humain se retrouvent riverains l'un de l'autre.

C'est dans cet état d'esprit que Tours accueille, du 29 septembre au 1er octobre 2026, la quinzième édition des Assises Nationales de la Biodiversité, co-organisées avec la Région Centre-Val de Loire, le Département d'Indre-et-Loire, Tours Métropole Val de Loire, idealCO et les Eco Maires, avec le soutien de l'État et de l'Office français de la biodiversité.

Le fil rouge – santé humaine, santé des écosystèmes, un même avenir ! – prend à Tours des visages concrets. Ainsi, des patients de l'hôpital de jour construisent des nichoirs avant de partir observer les oiseaux dans les parcs de la ville. La Ville et le CHRU travaillent même à un jardin thérapeutique, en effet, retrouver la terre, la travailler, soigne autrement que les mots et les médicaments.

Ce « même avenir » est aussi celui de nos écoliers, qui n'ont pas à porter le poids de l'effondrement du vivant comme une fatalité. Ils ont à s'émerveiller, dans leurs cours de récréation revenues en herbe, en apprenant à observer de près une nature que l'on s'efforce aussi de rapprocher d'eux. On protège ce qu'on aime. Et on aime ce qu'on connaît. Il faut connaître pour aimer et pour protéger. Et cette leçon-ci doit se transmettre génération après génération.

Capitale historique du Jardin de la France, plantée au cœur d'un val inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, Tours sait que la beauté d'un territoire et la santé de ses habitantes et habitants ne font qu'une. Que protéger ce que l'on n'est pas – le fleuve, l'hirondelle, l'alose, la couleuvre, la marne – c'est la façon la plus exacte de protéger ce que l'on est.

Pour que l'enfant à naître sache demain ce que « strider » veut dire en observant dans sa rue voler les hirondelles, les Assises arrivent à Tours. Comme une évidence.

Ces assises s’inscrivent dans une riche programmation du Mois de la Biodiversité où tout au long de septembre de nombreux rendez-vous rythmeront la vie des Tourangelles et tourangeaux autour de la nature en ville, l’alimentation, la santé ou l’eau.


Je vous souhaite de belles rencontres.

Emmanuel Denis, Maire de Tours

Nul ne peut nier que les équilibres naturels sont fragilisés et menacés. C’est pourquoi la biodiversité constitue un enjeu majeur de notre siècle et, par conséquent, de notre action publique. Elle est le socle de nos vies, mais aussi de ce qui nous entoure : du règne animal comme de nos paysages. Elle représente un défi essentiel.

En Indre-et-Loire, cette conviction guide notre engagement depuis bien longtemps. Terre de confluences, la Touraine possède un patrimoine naturel d’une richesse exceptionnelle, fait de rivières, de zones humides, de coteaux calcaires, de forêts et de terres agricoles vivantes. Ce patrimoine, nous en sommes collectivement les gardiens.

Avec l’adoption en 2023 de notre Schéma départemental des Espaces Naturels Sensibles et de la biodiversité « Touraine nature et sensible » pour la période 2024-2033, nous avons souhaité franchir une nouvelle étape. Cette stratégie à dix ans affirme une ambition : préserver les milieux les plus fragiles, restaurer les continuités écologiques et mobiliser l’ensemble des acteurs du territoire autour de ce combat naturel.

Nos 64 Espaces Naturels Sensibles, dont 21 gérés directement par le Département, constituent des lieux emblématiques où se conjuguent protection de la biodiversité et ouverture au public. Qu’il s’agisse d’aménager des observatoires pour mieux découvrir la faune, de restaurer le fonctionnement naturel de nos rivières, de soutenir l’agroécologie ou encore de préserver des sites remarquables, chaque action contribue à renforcer la résilience de nos écosystèmes.  

Notre engagement s’étend également aux rivières et aux zones humides, grâce à des partenariats étroits avec les acteurs locaux. Les contrats territoriaux que nous soutenons permettent d’agir efficacement à l’échelle des bassins versants, en conciliant préservation des milieux aquatiques et développement des territoires.

Face à l’érosion de la biodiversité, la restauration des corridors écologiques constitue une autre priorité. Plantation de haies, préservation des mares, adaptation de nos pratiques d’entretien routier ou encore aménagement de passages pour la faune : autant d’actions qui permettent de tisser et retisser les liens indispensables entre les milieux naturels. Nous avons également fait le choix d’intégrer pleinement la biodiversité dans nos politiques d’aménagement. Le Contrat de performance environnementale que nous déployons sur notre patrimoine bâti illustre cette volonté d’allier transition énergétique, gestion durable de l’eau et accueil de la biodiversité, dans une approche globale et innovante.

Enfin, parce que la transition écologique ne peut réussir sans l’adhésion de tous, nous faisons de l’éducation à l’environnement une priorité. À travers l’Agenda Nature et les nombreuses actions menées avec nos partenaires, nous sensibilisons chaque année des milliers de citoyens, et en particulier les plus jeunes, à la richesse et à la fragilité du vivant.

Ces Assises de la biodiversité sont l’occasion de partager nos expériences, de croiser les regards et de renforcer les dynamiques collectives. Car c’est bien ensemble – collectivités, associations, acteurs économiques, citoyens – que nous pourrons relever le défi de la préservation du vivant. Je vous souhaite des échanges fructueux et inspirants.

Nadège Arnault, Présidente du Conseil départemental d’Indre-et-Loire 

Tours Métropole Val de Loire a la chance de s'appuyer sur un patrimoine naturel exceptionnel, où espaces naturels, agricoles et urbains se partagent le territoire dans un équilibre remarquable. Cette diversité de paysages constitue depuis longtemps l'une des richesses de notre métropole et participe pleinement à son identité, à son attractivité et à sa qualité de vie

Des bords de Loire, qui accompagnent et magnifient le patrimoine historique de Tours, aux espaces agricoles et naturels qui façonnent nos communes, la biodiversité est partout présente. Elle offre des lieux de découverte, de détente, de respiration et contribue à la qualité du cadre de vie auquel nos habitants sont profondément attachés.

Aujourd'hui, notre regard évolue et s'enrichit. Au-delà de sa valeur patrimoniale et paysagère, la biodiversité apparaît plus que jamais comme une composante essentielle du fonctionnement et de la résilience de nos territoires. Elle n'est plus seulement un élément à préserver : elle devient un levier d'action au cœur des politiques publiques.

Pour Tours Métropole Val de Loire, la biodiversité constitue désormais un pilier transversal de l'aménagement du territoire, de l'agriculture, de la santé publique et de l'adaptation au changement climatique.

Elle est :

  • au service de l'agriculture, grâce à la pollinisation, à la préservation des sols vivants, à la diversité génétique des espèces, à la lutte contre l'érosion et à la régulation du cycle de l'eau ;
  • au service du climat, par le stockage du carbone, la désimperméabilisation des sols, l'intégration de coefficients de pleine terre dans les opérations d'aménagement et le développement de la trame arborée ;
  • au service de la santé physique et mentale, en offrant des espaces de nature favorables au bien-être, tout en renforçant la capacité de nos villes à faire face aux épisodes de chaleur et aux différentes formes de pollution ;
  • au service du lien social, en créant des espaces de rencontre, de partage et d'appropriation collective du cadre de vie ;
  • au service de l'économie et de l'attractivité du territoire, en soutenant le tourisme, en valorisant les ressources locales et en contribuant à l'installation d'activités et d'entreprises soucieuses de leur environnement.

Cette approche nous invite à construire un nouveau partenariat entre les activités humaines et les écosystèmes naturels. Elle traduit une conviction forte : la biodiversité est une condition de la robustesse de nos territoires et de la qualité de vie des générations futures.

À Tours Métropole Val de Loire, nous faisons le choix d'un territoire qui accompagne, qui innove, qui protège et qui agit pour une santé globale conciliant les enjeux environnementaux, sociaux et économiques. C'est dans cet esprit que nous accueillons les Assises nationales de la biodiversité et que nous souhaitons contribuer aux réflexions et aux solutions qui construiront les territoires de demain.

Frédéric AUGIS, Président de Tours Métropole Val de Loire

Betsabée HAAS, Vice-Présidente déléguée au cycle de l'eau, à la biodiversité,
à la gestion des eaux pluviales et à la prévention des inondations